A quelques jours du début des représentations du spectacle musical "Les Dix Commandements" mis en scène par Elie Chouraqui, Info Music vous présente le premier rôle féminin (Séphora) : Nourith.

Cette jeune artiste qui n'a pas fini de faire parler d'elle nous a accorder un entretien alors qu'elle était en plein répétition....

En tant qu'artiste, quelle est ta position face à Internet ? Notamment au niveau des droits d'auteur ?
Je suis très contente qu'Internet existe, parce que, moi-même, j'ai mon site. Je crois que cela permet à beaucoup de gens de s'exprimer alors qu'ils n'avaient pas les moyens avant, surtout dans la musique et dans les différents domaines de l'art. Par contre, au niveau des droits d'auteur, je suis assez inquiète. Je me dis que cela va se résoudre petit à petit. Internet, c'est nouveau et on n'a pas encore les bons moyens de surveiller et de faire en sorte que les droits d'auteur arrivent aux artistes. C'est juste une question de temps, je pense, pour que des systèmes se mettent en place.


Tu as un site officiel afin de promouvoir ta carrière. Est-ce une initiative personnelle ? Comment l'idée t'est-elle venue (cela aurait pu être un site créé par ta maison de disques) ?
Cet hiver, j'avais envie de créer ce site parce que j'avais envie que les gens du monde entier puissent plus ou moins avoir une idée de qui je suis. Je voulais inviter des gens de différentes maisons de disques, des gens du métier, du public en dehors de la France pour savoir qui j'étais. Je crois que le site internet est un bon moyen et en plus j'ai demandé à un très bon ami qui s'appelle Vincent Agieu de le faire. Il l'a très vite et très bien fait. Je crois que s'il n'était pas là, cela aurait été un peu plus compliqué et moins rapide.


D'ailleurs, dans le site officiel, on peut voir dans la page des liens des pages personnelles de fans qui te sont consacrées. Quelle a été ta réaction ?
Cela m'a fait très très plaisir. C'est un très très bon retour et une très bonne façon de connaître plus ou moins ce que les gens pensent de moi. Je suis très contente et flattée si des gens m'ont consacré ce temps et cette attention car moi je n'aurais pas été capable de le faire. Je pense que c'est beaucoup de boulot pour faire une page internet.


Est-ce que tu es déjà rentrée en contact avec eux, parce qu'il y a par exemple Françoise Hardy qui discute beaucoup avec ses fans qui lui ont consacré un site...
J'ai répondu à une bonne partie, pas tous, parce que je n'ai pas toujours le temps de le faire, et qu'Internet me prend beaucoup de temps. Ça m'est vachement plus facile d'écrire une lettre ou appeler quelqu'un que de lui écrire un E-mail parce que j'ai pas mal de problèmes techniques sur mon ordinateur, ce qui ne me facilite pas les choses. Par contre, j'ai répondu à quelques-uns uns et notamment à un qui m'a envoyé une photo scannée (il m'avait pris en fait en train de chanter dans la rue il y a 4 ans) en me disant que cela me rappellerait peut être mes journées de galère et cela m'a rappelé un de mes plus beaux souvenirs. Alors je l'ai remercié car j'ai trouvé cela


Quelles sont les raisons qui t'ont décidée à devenir chanteuse ?
J'étais née avec un amour pour la musique et une voix agréable et depuis toute petite j'entendais, mes grands frères ou voisins écouter de la musique. Cela me rendait heureuse, cela m'attirait, alors la question ne s'est jamais posée. J'ai pratiquement toujours chanté. Par contre, à l'âge de 20 ans, quand j'ai terminé mon service militaire, la question s'est posée très urgemment parce que j'avais besoin de savoir ce que j'avais envie de faire, et c'est là que j'ai décidé de devenir chanteuse et par la même occasion de partir en France pour essayer de faire carrière. J'ai toujours chanté, et puis j'ai commencé à chanter en public à l'âge de 6 ans, puis à l'âge de 15 ans j'ai commencé à faire des concerts professionnels avec des groupes et à avoir un public.


Pourquoi es-tu venue en France puisque tu aurais pu faire carrière en Israël ?
Cela ne m'intéressait pas vraiment, car je sentais le marché très limité, très fermé. Le goût des gens qui décident, ce qui va se passer au niveau musical en Israël ne m'a pas vraiment encouragée et je savais très bien que c'était très difficile d'y arriver.


En France, il y avait plus de chance parce qu'il avait depuis au moins 3 ou 4 ans, la vague orientale avec Khaled et Faudel par exemple ?
Non, quand je suis arrivée en France c'était bien avant ça ! En effet, je suis arrivée en France en 1992. Cela a mis à peu près 5 ans pour commencer, c'est en 1997 que Khaled, Faudel et tous ces gens là ont pris de l'ampleur. Khaled peut-être un peu avant mais moi je n'avais pas du tout envie de chanter en arabe. J'avais envie de chanter en hébreu ce n'était pas du tout pareil. Disons que je n'avais pas du tout l'intention de faire de la world music en arrivant en France, c'est quelque chose que j'ai découvert après, avec la rencontre de Jean-Pierre [Taieb] mais je pensais faire de la musique en anglais, de la musique assez occidentale. Ce qui m'a décidée de venir en France, c'était surtout le fait de vouloir vivre à Paris, en France. Je savais que cela allait être dur mais j'ai préféré le faire dans un bel endroit où j'allais avoir des aventures, où j'allais vivre des nouvelles choses qu'en Israël où ça commençait déjà à me paraître petit et dur de toute façon. C'est la raison pour laquelle je suis venue.


Peux tu nous parler de ton album sorti en 1999 qui est passé un peu inaperçu ?
C'est un album sur lequel j'ai travaillé pendant 6 ans et qui a fait vraiment une très bonne introduction de mon personnage d'artiste en France. Ce disque-là, c'est la fin d'un travail de 6 ans avec un compositeur qui s'appelle Jean-Pierre Taieb que j'ai connu par des amis communs. Ensemble, on a trouvé le concept de la world et on a eu envie de faire de la world variété, c'est à dire que ce sont des chansons, qu'on a écrites ensemble. J'ai fait les textes et lui la musique, les arrangements et la réalisation musicale. Je suis très fière de cet album et ce résultat qui ça m'a permis de m'installer en France en tant qu'artiste, d'avoir, je ne dirais pas une renommée, mais d'être un peu connue et reconnue par le milieu artistique en France et par un certain public qui a acheté ce disque qui s'avère très fidèle et très chaleureux. Et puis j'ai fait à peu près une trentaine de concerts avec le répertoire de cet album, ce qui m'a donné une idée de l'impact de ces chansons. Maintenant, je travaille sur un deuxième album qui j'espère sera un petit peu plus en français, mais qui sera toujours quand même en hébreu.


Est-ce que tu vas faire appel à des auteurs connus comme Lionel Florence ?
Pour les textes en français je travaille avec plusieurs auteurs. Pour l'instant, je travaille un peu avec Lionel Florence, ce sont les 10 commandements qui m'ont permis de le connaître, et je travaille aussi avec Jean Fauque. On essaie de faire des textes avec lui, avec des jeunes auteurs. Pour l'instant j'ai beaucoup de mal à en parler parce que pour l'instant, rien n'est encore décidé ou choisi.


Ce deuxième disque, penses-tu le mener en parallèle des 10 commandements ?
Tout le monde pense que les 10 commandements vont m'aider à promouvoir mon propre album. Je ne sais pas si cela va être exactement en même temps ou bien se faire l'un après l'autre. Je ne crois pas que ce soit très important. En tout cas, cela ne va pas se faire avant, c'est clair. De toute façon, le projet des 10 commandements est déjà bien mis en route et mon album est en tout début d'écriture, mais je pense que les deux vont forcément se chevaucher.


Par ailleurs, on note ta participation sur l'album des Solidays avec ton interprétation avec Renaud Hantson [NB : découvert sur Starmania en 1988, La légende de Jimmy en 1990 et Notre-Dame de Paris en 2000] de La-Bas de Jean-Jacques Goldman et de la chanson collective Qui sait signée par un complice du Patron, Erick Benzi. Comment as-tu été abordée pour ce projet ?
Quand je chantais dans la rue, il y a à peu près 4 ans, j'ai connu le président de l'association Solidarité Sida (Luc Barruet) qui m'a abordée. Alors il m'a proposé de venir chanter le lendemain au Zénith dans une Nuit du Zapping alors je suis venue, j'ai chanté 2 chansons de la rue et depuis on n'a jamais perdu contact. Ils ont fait appel à moi et c'était avec grande joie. Nous sommes aussi très amis avec Luc et un jour il m'a fait écouter Qui Sait. Ah non, avant il m'a appelée pour faire le premier Solidays et c'est là-bas que j'ai fait la chanson de Goldman avec Renaud. On a fait la soirée du bal ensemble puis il y a eu un projet de sortir un disque avec ce que l'on a fait dans le bal et notre chanson a été retenue pour l'album. Je suis venue pour faire l'enregistrement et puis après Luc m'a fait écouter la chanson Qui sait et là je lui ai dit que j'avais très envie de la faire aussi et ça s'est très vite fait.


Comment a été choisie cette chanson ? C'est une envie personnelle ?
On me l'a proposée et j'ai été ravie de la faire.


C'est Renaud Hantson qui a décidé ?
Non c'est l'organisation des Solidays.


Ce soir-là on savait qu'il y a avait Jean Jacques Goldman qui était présent. Est-ce qu'il a pu écouter la chanson et est ce qu'il t'a fait un compliment, une remarque ? On sait qu'il aime les grandes voix !
(Rires). Il nous a vus tous les deux pendant le concert du bal et puis il est venu me voir. Il a dit que c'était super, que ça lui faisait très plaisir de réécouter cette chanson car depuis des années, il la chantait tout seul sans Sirima. D'habitude, c'était le public qui faisait la voix féminine et la remplaçait. Alors cela lui a fait très plaisir de l'entendre interprétée, encore une fois, par une fille.


Jean-Jacques Goldman, Patrick Bruel, Alain Souchon, David Hallyday et Pascal Obispo viennent te voir en te suppliant d'écrire ton second album. [Nourith est suprise par la question] Sur quels thèmes souhaiterais-tu que chacun d'entre eux écrive un ou plusieurs titres ? Quelle serait ta réaction ?
Cela me ferait très très plaisir. J'aurais vraiment aimé avoir des chansons écrites par ces gens-là. Je les aurais complètement laissés faire, en tout cas moi je fonctionne comme ça : on me propose les mélodies et moi je dis "ça va, ou ça ne va pas". Cela rentre dans mon univers ou pas. Je suis aussi ouverte, je peux faire aussi des choses qui ne sont pas exactement dans mon univers à la manière dont je pourrais les interpréter à ma façon pour être reconnue sans faire un trop grand saut. Maintenant je crois qu'ils auraient eu une grande liberté avec moi et puis de toute façon quand on fait un album on le fait vraiment ensemble. On dit ce qu'on pense, on améliore, on change, je crois que ce se serait passé de façon très positive. Mais je crois que j'ai encore un long chemin à faire pour que ces gens-là écrivent pour moi.


Passons au vif du sujet, c'est à dire les 10 commandements, comment as-tu été contactée, y a-t-il eu un casting ? Daniel Lévi aurait déclaré qu'il avait passé un casting en chantant 2 chansons ?
Moi je n'ai pas passé le casting. En fait, ils n'avaient trouvé personne pour le rôle de Sephora alors que le casting était déjà fait depuis presque 1 an. Tout le monde était déjà là et un jour mon manager a été contacté par l'assistant de Pascal Obispo et ils ont fixé un rendez-vous ensemble. Je suis donc allée le voir, il avait mon single chez lui et on lui a apporté mon album. Il l'a écouté et lui il m'a fait écouter les chansons qui m'ont énormément plu. Il m'a demandé si cela m'intéressait de le faire. Je lui ai dit que j'étais entièrement d'accord. On a discuté 2 heures et au bout de ce temps il a dit qu'il aimerait qu'on ait une séance de travail ensemble. Je suis partie là-dessus et j'ai attendu quelques semaines jusqu'à ce que l'assistant de Pascal m'appelle pour me dire que j'étais retenue. Je sais qu'ils se sont renseignés beaucoup avant de m'avoir choisie. Je crois que, faute de temps, cette séance de travail n'a jamais eu lieu mais l'assistant de Pascal a vu un de mes concerts et finalement la séance de travail n'a pas eu lieu.


Les 10 commandements c'est une de plus belles histoires de tous les temps. T'es-tu documentée sur celle-ci afin de peaufiner ton interprétation sur scène ?
J'ai lu l'histoire des 10 commandements plusieurs fois. Ce qui est drôle, c'est que je l'avais fait avant d'avoir été choisie, puis il y a 2 ans j'ai revu un peu la Bible et j'ai relu l'histoire des 10 commandements. Etant israélienne, je l'avais apprise à l'école et je connaissais pas mal l'histoire. Dans ma famille, certains sont plus pratiquants que d'autres. Moi, par contre, je ne connais pas vraiment ma religion juive, ses règles et histoires.


Est-ce que cela va t'aider pour jouer sur scène ?
Oui, bien sûr.


Sur scène tu es accompagnée de 7 ou 8 artistes, qui ont tous fait partie d'une comédie musicale ou d'un groupe sauf toi. Est-ce qu'ils te portent ?
Complètement. J'ai décidé d'abord de faire les premières connaissances et quand on a passé les premières heures ensemble, je crois que chacun de nous était époustouflé du talent des autres. C'était un vrai choc, un vrai enrichissement de pouvoir entendre tous ces gens-là, toutes ces voix, toutes ces façons d'interpréter. Cela m'a donné l'impression que j'avais certaines choses à apprendre. On chante ensemble, on se donne les idées, il y a beaucoup de gens chez nous qui écrivent les chansons. C'est vraiment un échange artistique et on se respecte énormément.


S'il devait y avoir une adaptation anglaise des 10 commandements, souhaiterais-tu participer sur le disque et sur scène ?
Ça dépend. Je sais que je serais capable de participer parce que je chante en anglais mais ça dépend si j'ai des projets d'ici là ou non.


Carole Fredericks est passée sur la TSR en Suisse avec toi dans l'émission "Superstar d'un soir" et ta prestation lors de l'interprétation d'une chanson de Kate Bush a été fortement appréciée. Carole m'a confié vouloir chanter en duo avec toi. Est-ce que tu accepterais son invitation et sur quelle chanson ?
C'est avec grand plaisir et sur la chanson qu'elle voudra.


As-tu des rêves que tu aimerais se voir concrétiser ?
Oui, j'aimerais faire beaucoup d'albums qui sont beaux et travailler avec certaines personnes que j'admire comme Peter Gabriel, rencontrer Kate Bush et aussi m'investir de temps en temps dans le théâtre ou le cinéma , car je suis un peu comédienne

Jean-Michel ROYER / 31 août 2000
Photo © Pascalito/Corbis-Sygma/A.S. Communication

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