Passion
Guitare


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Passion guitare

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Il y a un public guitare
Le courage de Zebda

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Déclinaisons en province ? De Star Academy à 60 jours, 60 nuit.


Il y a un public guitare

Quel est le public que vous visez ? Le public de la guitare, qui venait déjà au Réservoir [ndlr : où Jean-Félix organisait tous les 2 mois un "tournoi de guitare", qui est à l'origine des concerts de l'Olympia], ou celui des artistes invités qui se produiront au milieu des guitaristes ?
Je crois qu'au Réservoir, il y avait les deux, c'est-à-dire qu'il y avait à la fois le public des guitaristes, et le public de la guitare. Le public des guitaristes est très souvent exclusivement guitariste lui-même, alors que la guitare a un public beaucoup plus large : les gens sont capables d'aller écouter de la guitare sans forcément savoir qui joue, mais uniquement pour le plaisir d'écouter de la guitare.

Donc ce spectacle-là a, à mon avis, cette qualité-là, du fait qu'il y a énormément de guitaristes différents avec des styles différents, d'être très spectaculaire pour les gens. Ils peuvent se rendre compte qu'avec un même instrument, il peut y avoir beaucoup de styles différents. Donc les gens qui ne sont pas forcément guitaristes vont à un véritable spectacle, avec des choses variées, des instrumentaux, des chansons, des duos, des trios, des quatuors, des ensembles orchestraux entiers. Même pour quelqu'un qui n'est pas guitariste, c'est un vrai spectacle !

C'est comme lorsqu'on va voir un spectacle de danse : on peut aller voir Riverdance sans être forcément danseur, et pourtant on en prend plein les yeux parce que c'est un véritable spectacle. À l'Olympia, on ne peut évidemment pas faire ce qu'on faisait au Réservoir, où c'était beaucoup plus informel, beaucoup plus le "boeuf". Là il y a beaucoup plus de travail d'arrangements, d'écriture, etc., mais l'esprit est le même.

Il y aura toujours à mon avis une rencontre de publics : des gens seront là pour voir tel ou tel guitariste, et même dans le groupe il y en aura qui viendront plus particulièrement pour Michel Haumont, ou Manu Galvin, ou Solorazaf, mais qui du coup découvriront les autres, et il y en a qui vont venir au spectacle pour voir tel artiste accompagné par tel musicien…


Mais ne craignez-vous pas quand même que certains spectateurs viennent surtout pour voir Gérald de Palmas, Maurane, ou autre ?
Non je ne pense pas. Pour dire la vérité j'avais cette crainte-là sur le premier concert, parce que je ne savais pas du tout qui allait venir. Je ne savais pas, justement, s'il n'allait pas y avoir un "détournement de public". En fait, et c'est quelque chose qui m'a fait plaisir, je me suis rendu compte dès le premier spectacle que les instrumentaux étaient beaucoup plus applaudis que les chansons. Et ensuite, dans les témoignages que j'ai reçus, il y a même des gens qui m'ont dit qu'il y avait trop de chansons, qu'ils auraient bien voulu écouter des instrumentaux en plus !

Donc les gens qui viennent à ce concert, encore une fois viennent voir un spectacle, et acceptent le fait de ne pas venir voir quelqu'un de précis. En plus, ils savent bien que vu le nombre d'artistes qu'il y a là, ils ne vont forcément chanter qu'une chanson, deux au grand maximum, donc ils ne peuvent pas venir exclusivement pour ça.

Donc maintenant je pense qu'il y a réellement un public pour ce concert-là. Cela devient une espèce de rendez-vous, et les gens savent que ça va être riche musicalement, original, différent de tout ce qu'ils peuvent voir d'habitude. Et en plus, ils sont contents de venir voir des artistes qu'ils aiment dans des configurations différentes, dans une couleur différente.



Le courage de Zebda

Justement, comment choisissez-vous les artistes qui participent au concert ?
Au départ, la première année, j'avais vraiment besoin d'un coup de main, donc j'ai appelé les copains, les amis, comme Maxime Le Forestier, Gérald de Palmas, Georges Moustaki, Zazie. L'année dernière, en plus de la cellule d'amis, j'en ai pris d'autres, et là cette année j'avais vraiment envie d'ouvrir le champ.

Pour moi, le "critère de sélection", c'est qu'il faut d'abord que j'aie une affinité musicale avec l'artiste, qu'il accepte de venir dans un spectacle un peu atypique, pour se faire accompagner exclusivement par des guitares. Tout est un peu sur le fil, donc selon moi, il faut être un peu courageux pour venir comme ça s'exposer dans une configuration aussi différente de ce que l'on a l'habitude d'avoir, pour une ou deux chansons maximum.

On ne mobilise pas la même énergie pour venir dans un concert où les gens ne sont pas spécialement là pour vous. Il faut donc accepter de participer à un numéro collectif, et ça, pour moi, c'est déjà bien : celui qui a peur de venir, ou qui ne veut pas venir parce qu'il n'est pas avec ses musiciens, il ne rentrerait pas dans l'esprit du concert. Du coup, cela m'a permis de contacter des gens que je ne connaissais pas spécialement au départ, en tous cas humainement, et qui sont hyper contents de venir !

Par exemple Zebda : Zebda, je suis allé les voir et je leur ai dit : "Ecoutez, soit vous allez me dire que vous ne voulez pas venir parce que ça n'a rien à voir avec ce que vous faîtes d'habitude, soit au contraire c'est la raison qui va vous donner envie de venir". Et c'est exactement ce qui s'est passé ! C'est tellement décalé par rapport au contexte que ça les intéresse d'autant plus, parce que ce sont des artistes ouverts, qui ont envie de se confronter à des expériences. Et moi aussi, ça m'oblige à trouver une couleur spéciale, parce que leur musique n'a rien à voir, guitaristiquement, au départ, on ne peut pas dire que ce soit évident pour moi d'arranger pour Zebda !

Comment choisissez-vous les titres et les arrangements ?
Pour les titres, il y a deux critères : il y a évidemment la chanson que j'aime bien au départ, et j'essaie de voir ce que ça peut donner avec des guitares. Et après je me casse la tête pour faire les arrangements c'est-à-dire que j'essaie de trouver des couleurs.

L'avantage que j'ai, c'est que le noyau dur des guitaristes qui est avec moi, ce sont des guitaristes que je connais très bien, et du coup, au lieu d'écrire exclusivement pour des guitares, j'écris aussi pour des individus. Je sais qu'ils ont leur propre couleur, et je ne vais pas écrire de la même façon pour Solorazaf que pour Manu Galvin. Il y en a un qui est Malgache ethnique, donc qui a une certaine culture, l'autre qui a une culture plus blues, donc je joue avec les couleurs. C'est un peu comme un peintre qui puise dans toutes les couleurs dont il dispose, et après il y a un boulot d'imagination, de représentation de ce que peut être le titre. Parfois je me casse la tête en plus pour essayer de faire en sorte que les couleurs instrumentales ne soient pas trop les mêmes d'une chanson à l'autre. On va par exemple faire une reprise de Jean Johnny Jean en duo entre Gildas Arzel et Michael Jones, et elle figurera ensuite dans l'album.

Pourquoi ne chantez-vous pas vous-même [ndlr : les spectateurs du Réservoir avaient un soir eu la rare chance d'apprécier les qualités de chanteur -outre celles de guitaristes bien sûr-, de Jean-Félix] ?
Oh non ! (rires, et se tournant vers ses camarades Manu Galvin et Michel Haumont qui terminent la répétition dans la pièce voisine) Non non ! Enfin, si vraiment mes camarades me poussent un jour je le ferai peut-être, mais certainement pas à l'Olympia ! Quoique… Non, on verra bien !

Les invités seront-ils les mêmes les trois soirs ?
(avec un grand sourire) Il y aura des surprises !

Pourquoi avez-vous choisi l'Olympia pour ce spectacle ?
Si ça n'avait pas été l'Olympia, ça aurait été le Théâtre des Champs Elysées, mais moi j'adore cette salle ! C'est quand même une salle mythique, et en même temps très agréable sur le plan acoustique ! Et surtout, si j'ai pu montre ce concert au départ, c'est grâce à Jean-Michel Boris [ndlr : alors directeur artistique de l'Olympia], parce que le tout premier concert, on a du mal à s'en rendre compte maintenant, mais c'était un pari extrêmement risqué ! On ne savait pas du tout si les gens allaient venir, et Jean-Michel a joué le jeu, et m'a proposé de coproduire le spectacle, en disant : "Si ça marche tant mieux, si ça marche pas tant pis, on aura essayé.". Donc c'est vraiment grâce à Jean-Michel qu'on a pu faire exister ce spectacle à l'Olympia, et maintenant on y reste parce qu'on a pris nos marques et qu'on est bien dans cette salle.

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