De R&J à Autant en emporte le vent

Dans quelles conditions écrivez-vous vos chansons ?
Aucune. Je peux écrire entre les emmerdes. Je me la joue : " il faut que je sois seul ". J'ai la chance de pouvoir m'extraire assez facilement des problèmes du quotidien et autres.

Y'a-t-il des chansons auxquelles vous ne croyiez pas et qui sont pourtant devenues des tubes ?
Oui : Les rois du monde. J'ai été surpris car c'est une chanson de situation.

A-t-on refusé certaines de vos chansons ?
Oh oui ! Par exemple On a tous le droit pour Liane Foly. Personne n'en voulait avant Roméo et Juliette et après ils ont tous trouvé ça génial.

Lorsqu'une chanson a été refusée une première fois, la proposez-vous à d'autres artistes ?
Il y a une chanson qui s'appelle La solitude que j'ai faite pour Johnny Hallyday. Il l'a entendue et a même pleuré. Mais sa maison de disque n'a pas voulu que je fasse partie de son album. Je l'ai alors proposée à Florent Pagny, qui l'a plutôt massacrée. Puis finalement, Mireille Matthieu l'a interprétée sur son dernier album. J'espère qu'un jour elle reviendra à Johnny.

Vous êtes déjà l'auteur d'un premier spectacle musical, Roméo Et Juliette. Comment avez-vous appréhendé l'exercice ?
Il y a un scénario déjà établi. Ce n'est pas très difficile de faire un découpage. C'était relativement simple pour Roméo et Juliette, je pouvais écrire indépendamment n'importe quel partie. Alors que sur Autant en emporte le vent, il fallait réduire, parce que c'est un film de quatre heures. La technique, c'est de trouver la chronologie de l'histoire pour servir les personnages sur scène. Sachant que dans les comédies musicales, les chanteurs ont deux chansons maximum, pas plus. Il faut tout y mettre. Par contre, je ne peux pas me permettre d'écrire une mauvaise chanson, car après je dois la récupérer autrement dans le spectacle, sinon le public décroche.

En avez-vous tiré des leçons pour l'écriture d' Autant en emporte le vent ?
Je ne vois pas d'erreurs apparentes dans Roméo et Juliette. Sinon au niveau technique, j'ai été plus vite cette fois-ci : c'est une autre aventure.

Comment s'est présentée l'opportunité d'écrire Roméo et Juliette ?
Pour Roméo et Juliette, je suis allé voir Gérard Louvin, je lui ai proposé un spectacle sur la télévision, ou sinon Roméo et Juliette. Une semaine plus tard, je lui ai présenté quatre chansons.

Pensez-vous avoir bénéficié de la vague de Notre Dame de Paris ?
Oui. Plus que bénéficié. Sans Notre-Dame, je n'aurais pas pu le faire. Ça fait plus de vingt ans que je souhaite faire des comédies musicales. Tout le monde me répondait que c'était trop lourd, trop cher et que le public viendrait pas. Avec Notre-Dame, les producteurs se sont dit qu'ils pouvaient jouer de l'argent et que ça pouvait leur en rapporter. C'est Notre-Dame de Paris qui a tout ouvert.

Quelle différence faites-vous entre spectacle musical et comédie musicale ?
Aucune. Mis à part que ce qu'il n'y avait pas, dans Les Dix Commandements, ou encore Notre-Dame De Paris, c'était les enchaînements de comédie. Il y en avait dans Roméo et Juliette, il y en aura encore plus dans Autant en emporte le vent. Peut-être que les spectacles musicaux sont sans dialogues, et que dans les comédies musicales à l'anglaise, il y a de la comédie.

Allez-vous reprendre des parties du roman dans le spectacle ?
Non, je vais tout réécrire pour que l'ensemble soit cohérent.

Roméo et Juliette faisait partie du domaine public alors qu' Autant en emporte le vent dépend d'ayants droits. Comment avez-vous travaillez avec eux ?
Ils nous prennent vraiment pour des extra-terrestres. Ça a duré un an. Ma maison de disques, Warner Bros, me disait que c'était injouable mais je me suis accroché. Ils ont, alors, écouté les premières chansons. Ça leur a plu.

Exercent-il un droit de regard ?
C'est un bien grand mot. Je les ai invités à la première du spectacle. On verra bien.

Comment s'est passé le casting ?
En fonction du physique et de la voix, ce que j'entendais pour le personnage.

Comment s'est passé le casting ?
En fonction du physique et de la voix, ce que j'entendais pour le personnage.

Où en êtes-vous dans l'écriture des titres et de leur enregistrement ?
Il me reste encore quatre titres à écrire. On fait les voix, on mixe après la fin du mois de juillet.

Une intégrale studio est-elle prévue ?
Elle est prévue pour septembre.

Si on regarde l'impact des trois premiers singles sur le public : ils sont plutôt faibles par rapport à ceux rencontrés par R&J. Pensez que "Autant en emporte le vent" soit moins grand public et plus adulte ?
Non, je ne crois pas. M6 n'a pas la même force d'impact que TF1. Je pense que le public est ouvert à tout, la preuve on est quand même à 200.000 places réservées donc il y a une vraie demande.

Pensez-vous que le spectacle va rencontrer le succès seulement sur scène ?
Oui. Absolument car ça va être quelque chose de grandiose, j'en suis même certain !

Vous parliez tout à l'heure de votre projet de créer de toute pièce un spectacle musical sur le monde de la télévision. Qu'en est-il ?
Non, j'ai une autre idée. Ce spectacle devrait voir le jour en 2006.

Et pour finir, quel est votre avis sur le paysage musical français actuel ?
Il est surtout désolant et désolé.

Avec l'invasion de la real-tv ?
La real-tv n'est que le dernier avatar du système. La politique des maisons de disques a radicalement changé depuis quinze ans.

Jean-Michel ROYER / Paris, 1er juillet 2003
Photo X./AS Communication

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