Damien Sargue a accueilli Info Music en toute simplicité alors qu'il était en pleine promotion du single « Aimer ».

Internaute débutant, il aimerait bien créer son site officiel afin de pouvoir communiquer ce qu'il a vraiment au « fond des tripes ».

Jeune et brillant chanteur, il a réussi a bien s'intégrer et à bien étudié en étant doublure de Bruno Pelletier et Patrick Fiori dans Notre Dame de Paris.

En janvier 2001, nous le retrouverons au Palais des Congrès puisqu'il sera Roméo dans la comédie musicale de Gérard Presgurvic.

En tant qu’artiste, quelle est ta position face à Internet et plus particulièrement les MP3 ?
Sincèrement, je trouve que les MP3 c’est assez bien. Moi je vais m’en acheter un (un baladeur MP3). Tu cherches n’importe quel morceau que tu aimes et tu le trouves. C’est vrai, qu’il y a toute une polémique sur Internet, à savoir qu’ainsi les maisons de disques gagneraient moins d’argent. Pour nous, artistes, je trouve que c’est mieux que nos morceaux voyagent même si on gagne moins d’argent au contraire ça nous fait connaître dans le monde entier. Moi je trouve ça vraiment bien.

Souvent pour leur rendre hommage et le plaisir de communiquer avec d’autres fans, un de tes fans créera un site sur ta carrière d’interprète en particulier. Quelle est ta réaction face à ce phénomène ?
J’aimerais bien y participer vraiment. Je vais commencer à faire un site pas pour moi, pour un ami, je vais commencer à me faire la main dessus. Et ensuite, continuer avec mon frère qui est très branché là dessus. Pour un site officiel, j’aimerais bien en faire un, en collaboration avec quelqu’un, au contraire: je suis encore débutant.

Qu’est ce que tu voudrais y mettre sur ce site officiel ?
Ma vraie nature n’est pas celle qu’on essaye de me fabriquer. Tu sais des fois, il y a des phrases qui sont changées, qui sont coupées et puis on se fait vite une idée qui est, des fois, fausse. Sur ce site, j’aimerais mettre ce que j’ai au fond dans mes tripes.

As-tu déjà visité d’autres sites officiels d’artistes ?
J’en ai visité quelques-uns. Il y a des sites qui me donnent envie comme les sites américains qui sont vachement bien faits comme celui d’un rappeur américain lui correspondant bien avec plein d’images et d’animations qui le révèlent bien.

Pour l’instant, il n’y a aucun site sur toi car tu viens juste de commencer ta carrière. On sait très peu de choses sur toi. La plupart du temps, ils ont eu un déclic (les artistes) en écoutant une voix superbe, je pense à Jean Jacques Goldman qui a eu le déclic avec Aretha Franklin ou Léo Ferré.
Moi, j’ai été bercé aux Doors, j’adore ce qu’ils ont fait, mais je ne pourrais jamais faire ce qu’ils ont fait car c’est totalement à part et aujourd’hui je ne sais pas si ça aurait la même répercussion qu’il y a 20 ou 30 ans. Des chanteurs qui me font vraiment rêver, ça serait plutôt des Michel Berger, George Michael et dans ma tranche d’âge ça serait plutôt Eagle Eye Chery ou alors Fiona Apple.

On sait que durant ton enfance et ton adolescence, tu as participé à différents concours de chants. Quelles étaient les chansons que tu interprétais et comment as-tu vécu ces premiers moments sur scène ?
Je les ai vécues assez bien, toujours un trac immense mais tu sais, des fois les concours, c’est assez vache en plus j’en ai pas gagné souvent. On distribuait un sifflet ou un briquet : tu allumes le briquet quand tu aimes ou à l’inverse tu siffles, c’est à l’applaudimètre. J’ai bien vécu ces moments là car ça apprend la scène et parfois les dures lois de la scène donc c’est une bonne préparation. J’interprétais souvent des reprises, j’ai eu un standard jusqu’à 15/16 ans, j’interprétais encore du Céline Dion, je pouvais monter très haut, en un an ça a complètement changé, je suis passé de Céline Dion à Johnny, Pagny ou Goldman.

Ensuite, tu arrêtes pendant un moment mais souhaitant continuer tu envoies des cassettes à différents producteurs et parmi eux, ceux de Notre Dame de Paris où tu étais la doublure de Patrick Fiori et Bruno Pelletier. Comment as-tu appréhendé la comédie musicale ?
Ca me faisait assez peur car j’allais être confronté à des pointures comme Bruno Pelletier très connu au Canada, il est numéro 1 ! Daniel Lavoie est une personne qu’on connaît en France aussi, très connu là bas aussi. Hélène Ségara, aussi. J’avais à faire à des gens qui avaient du métier. Toi tu arrives il fallait que tu remplaces un mec qui avait 30 ans, l’autre aussi, la notoriété en plus. Au début, j’ai appris dans mon coin en regardant, en interprétant les chansons chez moi, il faut bosser pour y arriver et ça s’est fait simplement. Un jour à 8 heures du matin, on m’a appelé en me disant « tu connais le rôle de Phoebus ? ». Je fais « oui» et on me répond «et bien ce soir c’est toi qui joues ». Je suis monté sur scène assez vite fait.

As-tu effectué des répétitions comme les autres interprètes ?
Beaucoup moins parce que les premiers rôles n’avaient que 2 mois pour former leur rôle et bien les attribuer. Les doublures on n’y faisait pas trop attention au début puis après au fur et à mesure. Ned était là pour nous former, ce qui nous a fait énormément de bien, heureusement qu’il était là ! On n’a pas tellement répété.

As-tu fais souvent les doublures ?
J’ai eu de la chance car les deux que je remplaçais étaient souvent partis. Donc entre le Palais des Congrès et la tournée au Canada, j’ai fait plus de 80 représentations, ce qui est pas mal pour une doublure.

Au Canada, comment as-tu été accueilli ?
Bien car je n’ai doublé que Patrick Fiori au Canada et pas Bruno Pelletier sinon cela aurait été plus dur. Vu que c’était un français doublé par un français. Ça s’est super bien passé.

Tu étais entouré d’une pléiade de belles voix : Patrick Fiori, Hélène Ségara, Bruno Pelletier, Julie Zenatti et Luck Mervil. Comment as-tu été accueilli au sein de l’équipe et qu’as tu appris avec tous ces artistes ?
J’ai été très bien accueilli, tout simplement et puis au fur et à mesure des mois, des liens se sont tissés. Ils m’ont tous appris beaucoup de choses. Je me rappelle de Daniel Lavoie à qui je disais « j’ai un énorme trac avant de rentrer sur scène » et alors son conseil je m’en souviendrais toujours « Ton trac est comme un bombe qu’il faut faire éclater en arrivant sur scène ». Il y a beaucoup d’autres gens qui m’ont aidé comme Bruno Pelletier qui avait fait quelques séries au Canada et puis un film notamment, donc j’observais beaucoup comment il jouait, comment il prenait son rôle en main.

Je crois que c’est grâce à Notre-Dame de Paris que les producteurs de Roméo et Juliette te remarquent. Quelles sont les raisons qui t’ont fait accepter le projet ?
On me propose déjà un premier rôle. Sur Notre-Dame de Paris, je restais doublure. Le sujet m’a plu car l’histoire de ces deux amants m’a toujours plu. Je n’y croyais pas vraiment d’être pris.

Il y’a eu d’autres candidats connus sur ton rôle ?
Je ne sais pas du tout. Pour Roméo, je sais pas mais pour les autres un peu.

« Roméo et Juliette », une belle histoire mêlant amour et haine et tu y joues le rôle de Roméo. T’es-tu documenté sur l’oeuvre de William Shakespeare pour peaufiner ton interprétation sur scène ?
Je connaissais un petit peu, j’ai vu le film avec Leonardo Di Caprio, je connaissais en gros l’histoire des deux amants qui meurent à la fin. Dès que j’ai su que pour le rôle c’était bon, j’ai pris le livre, j’ai regardé les autres films sur Roméo et Juliette et puis chaque membre de la troupe amène un petit plus en disant « tu sais dans le livre, un moment il y a des sous-entendus comme quoi il était plus comme ça.» On apprend beaucoup plus de choses comme ça et nous permet de mettre un plus de piquant dans le personnage.

Le 19 janvier 2001 commenceront les représentations du spectacle au Palais des Congrès. Est-ce que les répétitions ont commencé ?
Là, on fait des répétitions danse et chant. Les répétitions danse en ce moment sont assez difficiles ça va de 4 à 6 heures par jour de danse donc c’est assez énorme. Ca se passe très très bien et ça me plaît beaucoup. Les vrais répétitions au Palais des Congrès vont commencer en Octobre, c’est le début.

En tenant le rôle titre d’un spectacle, tu effectues un tour de promotion à la radio et à la télévision. D’une part, comment cela se passe t’il et d’autre part, quelle est la question qui a le plus retenu ton attention ?
Ca se passe bien. Au début, j’avais très peur des interviews, c’est nouveau et puis aussi des questions de peur de ne savoir y répondre et c’est arrivé plus d’une fois. Par exemple, il y a un gars qui m’a posé des questions assez pimentés pour enfoncer le clou derrière. Ce sont les questions basiques auxquelles je savais le moins répondre parce que je ne m’y attendais pas du tout. Une question originale, je ne m’en souviens plus, on va dire tiens ta question :).

Les comédies musicales ont été souvent un tremplin pour une carrière solo des artistes qui y ont participé. Comment envisages tu ton premier album solo ?
Pour l’instant il n’y en a pas. Dans ma tête oui. J’envisagerais mon premier album là ou on ne m’attend pas. J’aimerais pas chanter demain « t’as de beaux yeux, je t’aime ».

Des thèmes engagés ?
Pourquoi pas ? Des fois ce sont des thèmes simples et c’est peut être ceux là qui sont les plus forts. J’ai retenu 2 ou 3 textes pour l’instant. J’ai envie d’écrire 2 ou 3 choses qu’on m’a reprochées et j’ai envie de leur balancer dans la tête.

Jean Jacques Goldman, Patrick Bruel, Alain Souchon, David Hallyday et Pascal Obispo viennent te voir en te suppliant de les laisser écrire ton premier album. Sur quels thèmes souhaiterais tu que chacun d’entre eux écrive un ou plusieurs titres et quelle serait ta réaction ?
(Silence) S’ils venaient tous me voir, y’a comme un petit vidéo gag (rires). Pour l’instant j’ai pas choisi trop de thèmes, j’aimerais faire un truc rock folk, un peu à la Santana. S’ils débarquaient demain, je dirais « merci mon Dieu » je serai impressionné je pense.

Que penses-tu de leur travail pour les autres artistes ?
Ils bossent bien.

Une chanson en particulier qui te marque ?
Une en particulier, je ne pourrais pas te dire. J’aime beaucoup les chansons de Jean-Jacques Goldman surtout celles sur les Allemands et la Seconde Guerre Mondiale « Rouge ». Souchon y’en a plein, quand tu écoutes un de ses albums, tu as l’impression de passer des moments de sa vie. Pascal Obispo, aussi, j’aime beaucoup. David Hallyday, ce qu’il a écrit pour son père, je le trouve excellent.

Pascal Obispo lui a écrit une comédie musicale « Les Dix Commandements ». As tu eu l’occasion d’en écouter un bout ?
J’ai écouté seulement le premier titre « L’envie d’aimer » que je trouve énorme, très très fort, une très belle chanson. Le clip m’a vraiment donné envie d’aller voir le spectacle parce que je pense que ça va être magique. Je pense que je serai un des premiers à aller le voir pas pour aller critiquer mais pour aller me régaler les yeux.

Tu aurais préféré être dans « Les Dix Commandements » ?
Y’a pas de préférences. Je pense que je suis plus fait pour Roméo et Juliette que pour les 10 commandements.

Que ce soit à la TV ou sur disque, avec quels chanteurs ou chanteuses aimerais tu chanter en duo ?
J’aimerais chanter avec Michael Bolton, George Michael, Fiona Apple. Tous les 3 je les trouve excellents, je n’arrête pas de les écouter, j’adorerais faire un duo avec eux, c’est certain... Je ne me fais pas des idées, on a chacun notre destinée. Dans les chanteurs français, Johnny Hallyday, c’est un tueur de scène. Dernièrement il a proposé à Sonia Lacen de chanter avec lui. J’ai trouvé leur duo d’enfer. Sonia Lacen elle m’a cloué dans mon fauteuil. J’ai hallucinais. On lui montre pas ça dans Ali Baba, Ali Baba c’est plutôt une chanson plus douce, plus romantique. Alors que là, elle montrait ce qu’elle savait faire.

As-tu des rêves que tu aimerais voir se concrétiser ?
Professionnellement, j’aimerais réussir quelque chose qui laissera une trace, faire un renouveau de quelque chose, je pense que c’est extrêmement dur. Tu écoutes Queen, eux ils étaient complètement en avance sur leur temps. Tu aimerais être comme eux et faire partager aux gens. C’est du domaine, presque de l’impossible.

Jean-Michel ROYER / 14 juin 2000
Photo © Bernard Mouillon