Audrey Sara, ou le parcours authentique d'une vraie chanteuse

Bon, on l'avoue, Audrey Sara, c'est un peu notre "chouchoute", ici, à InfosMusic. Pas seulement parce que cette jolie jeune femme a une très belle voix de soprano, plus proche de celle de Zazie que de celle de Lara Fabian, mais aussi parce qu'Audrey, nous la connaissons depuis quatre ans maintenant.

Depuis qu'en 1999, nous avons mis les pieds au Molière, un piano-bar de Versailles, sur les bons conseils d'une amie qui nous disait qu'il s'y passait quelque chose d'intéressant…

Et c'est effectivement là, sur la petite scène, à quelques centimètres des spectateurs, que nous avons découvert ce petit bout de femme, accompagnée à l'époque de Jacky Mascarel, le clavier de Jean-Jacques Goldman, enchaînant les reprises (Céline Dion, Tina Arena, Natalie Imbruglia, Shania Twain, Phil Collins, Alanis Morissette, Texas, Zazie, Lene Marlin, Aretha Franklin, etc.), sous le regard conquis d'un public fidèle. A partir de là, nous l'avons suivie régulièrement, accompagnée de Jacky, puis d'un jeune guitariste, Alex.

Elle nous parlait de son envie de chanter ses propres chansons, nous avait fait écouter ses maquettes, nous racontait ses démarches auprès des maisons de disque, ses espoirs, ses impatiences…

Et quand enfin, nous avons su qu'elle avait signé chez Warner et que son premier album allait enfin sortir, nous avons été sincèrement heureux pour elle. Parce que cela prouvait que nous étions nombreux à croire en elle, et qu'il y avait encore de la place pour l'éclosion d'authentiques artistes, sans passer par les cases Star Academy ou Pop Star.

Quelques jours avant la sortie de son premier album, Grandir (sortie le 21 octobre), et avant le début de la tournée de Kyo dont elle assurera la première partie, Audrey nous a très gentiment accordé un entretien, dans les locaux de Warner, nous attendant avec un exemplaire du magazine Hard & Heavy entre les mains
"parce que je viens d'acheter l'album d'Evanescence", nous a-t-elle expliqué. Interview.

Que s'est-il passé pour toi depuis la fin de tes concerts dans les piano-bars ?
(rires) En fait pas grand chose. J'ai attendu, beaucoup ! Et on a beaucoup travaillé sur l'album, on a fait les photos, etc.

J'ai aussi beaucoup beaucoup composé, mais ça ce sera pour le prochain album. Il y a aussi le clip de Grandir qui se prépare pour fin septembre, la première partie de la tournée de Kyo à partir d'octobre, où je serai sur scène avec trois musiciens derrière moi, ce qui nécessite un peu de place.

Est-ce que ce sont les membres de Kyo qui t'ont demandé d'assurer leur première partie ?
Non, en fait c'est grâce à Pierre-Yves Denizot, qui est producteur de scène : on lui a fait passer mon cd, il a écouté, et il a pris contact avec Warner, en me proposant de s'occuper de moi à partir du moment où il y aurait médiatisation.


L'impitoyable sélection des radios

Que s'est-il passé avec le premier single, Grandir, qui a été envoyé aux radios au début de l'année, et qui a été très peu diffusé ?…
En fait, ce qui s'est passé, c'est que l'album, à l'origine, était soit trop rock, soit trop variétés, selon les radios auxquelles il avait été envoyé. Donc nous sommes repartis en studio pour en faire quelque chose d'un peu plus rock, parce que je ne voulais pas faire quelque chose de plus variétés !

En fait il n'y avait pas d'homogénéité dans l'album : pour Chérie FM par exemple, certaines chansons étaient très bien, mais c'était limite trop rock, mais pour Europe 2, c'était limite un peu trop variété. Donc on est repartis en studio, et on a retravaillé cinq titres (Grandir, Goutte de pluie, Nos vies, Juste un instant, Et même).

Nous savions de toute façon que le passage en radio serait difficile. Mais j'ai une bonne rotation au niveau des radios provinciales, et c'est comme ça que ça commence en fait. On m'a raconté l'histoire de Yannick Noah, auquel il a fallu neuf mois pour passer sur les grosses radios. Pendant neuf mois, il ne passait que sur des radios provinciales. Donc je ne perds pas espoir !

Mais ce doit tout de même être difficile à vivre, non ?
Oui. Oui, bien sûr, c'est dur, parce que c'est de l'attente. mais bon, en même temps, je sais que chaque chose se fait par étape. Il y a eu la première étape où il a fallu que je fasse des chansons, donc ça, ça a déjà été long, mais ton temps est occupé, parce que tu as un but, qui est de faire des chansons, et de les réaliser le mieux possible. Ensuite, il y a eu le démarchage des maisons de disque. Ça, ça n'a pas été très long, parce qu'on a signé assez rapidement. Après il y a les photos, tout le marketing, ça prend aussi du temps, et en plus, moi je n'ai pas été signée pour être un produit, mais en "développement de carrière". Ça signifie qu'on fait tout un travail de fond. Un produit, ils mettent 300 mille balles dessus, il le balancent, et voilà, il n'y a que ça. Alors que moi j'ai signé pour trois albums, donc c'est un travail de fond : ils vont voir les radios plusieurs fois, cela fait six mois qu'ils y vont, ils me font faire des interviews… Donc ça va se passer comme ça, petit à petit.

Le prochain album sera un peu dans la même veine ?
Oui, bien sûr, même si j'évolue, forcément, et que je ne peux pas analyser mon futur travail comme ça par rapport à celui là, mais ça sera autre chose, puisque cet album, je l'ai fait quand j'avais 20 ans, et j'en ai aujourd'hui 24. Quatre ans ont passés, donc j'ai autre chose à dire.


Frédéric Koucourek, traducteur de pensées

Tu n'écris pas tes textes ?
Non, pour ça je reste fidèle à mon Fred Kocourek, qui de toute façon, écrit exactement ce que j'ai envie de dire…

Comment ça se passe ? Est-ce que vous vous voyez, pour définir des thèmes de chansons ?
Oui, on se voit assez régulièrement. J'écris sur un journal des phrases, des sujets qui me touchent, une moitié de texte, et après je lui dit d'en faire ce qu'il veut. Par exemple je lui envoie mes maquettes, sur MD [minidisc, ndlr], en lui disant : "Voilà, sur telle idée, j'aimerais que tu travailles sur ce sujet-là, etc.".

Et donc vous avez un certain nombre de chansons en boite, dans vos tiroirs ?
Oui, on en a une vingtaine, et après on va trier, en jeter ou en garder de côté.

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Chrystèle MOLLON / Paris, septembre 2003
Photo X./Warner

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