CHRONIQUES
  • Yannick Noah

    DOSSIERS
  • Jean-Jacques Goldman

    INTERVIEWS
  • Gildas Arzel
  • Jacques Veneruso
  • Cet album se veut la trace d'une tournée qui a mené Yannick Noah sur toutes les routes de France en 2001 et 2002, et traduit fidèlement l'ambiance festive de ses concerts.

    Accompagné des Zam Zam, sa bande de musiciens, le chanteur a mis le feu sur scène pendant toute sa tournée. "Ce que j'aime dans la musique, c'est l'autre, sa réaction. C'est le fait de pouvoir jouer avec un ami, de se fondre dans un groupe, de créer une communion.". Et la communion, on la sent bien, autant avec ses musiciens qu'avec le public, très réactif, et semble-t-il aussi disposé à faire la fête que le sont les acteurs sur scène.

    Il est indéniable que, face à son public, Yannick est aujourd'hui dans son élément, mais ce ne fut pas toujours le cas : avant d'en arriver là, il a d'abord chanté en anglais, avant de se cacher sous des chapeaux ou derrière des lunettes noires. C'est ici un Noah simple, très nature que l'on retrouve, souvent torse nu (mais si les filles ! ! !), ou vêtu d'un costume traditionnel africain, pieds nus et ongles peints. Son objectif : "Arriver à atteindre certaines notes. Ou, un jour, pouvoir atteindre plus régulièrement ou même à chaque concert un état dans lequel il m'est arrivé de me retrouver, un état second où j'ai l'impression que je suis la musique, que je fais partie des gens, de la scène, des instruments. Un moment où je crois vraiment qu'il y a une magie qui s'opère. Quand je suis en voix, quand je suis en forme, l'intention compte plus que les mots." "Faire partie des gens" n'est d'ailleurs pas qu'une expression pour l'ex-tennisman, qui s'est chaque soir ou presque retrouvé à danser au beau milieu de la fosse et donc de son public, le plus naturellement du monde.


    Côté musique, on retrouve dans cet album enregistré à Monpellier, Lyon et Vichy quasiment tous les titres de l'album taillé sur mesure par le trio Goldman/Kapler/Benzi en l'an 2000. L'ex-tennisman nous entraîne à la découverte des traditions et chants africains de ses origines (No Mèlène Me Ziga Nda, Madingwa), le tout dans un décor superbe dont se rappelleront tous ceux qui sont allés l'applaudir sur scène. L'occasion pour l'artiste de renouer également avec ses racines (Écoute), et de rendre un véritable hommage à ses ancêtres ("Simon papa Tara") et à cette terre qui certes ne l'a pas vu naître mais à laquelle il est très attaché.

    Inévitable aussi, le Saga Africa qui marqua les débuts de chanteur de Yannick, que l'on découvrit notamment à l'occasion de la victoire de l'équipe de France de tennis en coupe Davis, en 1991, avec à sa tête un certain Noah comme capitaine, et repris en chœur par un public lyonnais en délire.


    Les chansons interprétées sur scène n'y gagnent pas beaucoup en terme d'arrangements et de réorchestrations par rapport à l'album studio, mis à part Saga Africa, qui fait l'objet d'un très sympathique délire des Zam zam pendant près de 9 minutes !. Par ailleurs, ce live nous réserve deux titres bonus : la Redemption song de l'un des inspirateurs de Noah, Bob Marley, et surtout la version revisitée de La Marseillaise, rebaptisée Oh rêves pour l'occasion


    Le premier live de Yannick Noah ne vaut donc pas la prestation de l'artiste sur scène, bien sûr. Mais la belle réalisation de cet album nous permet tout de même de nous replonger quelques semaines en arrière, et d'attendre avec impatience de nouvelles prestations du chanteur sur une scène, la prochaine devant probablement être celle des Enfoirés, en janvier prochain à Lille. Rendez-vous que semble aussi attendre l'artiste, si l'on en croit le petit mot du livret illustré par de belles photos de Claude Gassian : "Le live pour moi, c'est une communion, le moment où on se rencontre. Enfin on peut de lâcher ensemble. Sur scène, dès les premières notes jouées par mes potes les Zam Zam, je décolle et, de là, je donne tout ce que j'ai. Et quand je vous vois vibrer, chanter, vous éclater aussi avec nous, alors là, je suis simplement heureux, parce que ceux qui comptent, dans le concert des Zams Zams, c'est VOUS. Alors à très vite, et surtout : tout le monde fait yeah yeah…".

    Chrystèle MOLLON / 27 Octobre 2002
    Photo © Claude GASSIAN/Columbia

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