CHRONIQUE
  • A new day has come

    DOSSIERS
  • De Palmas
  • Lionel Florence
  • Jean-Jacques Goldman
  • Notre-Dame de Paris
  • Luc Plamondon
  • Starmania

    INTERVIEWS
  • De Palmas
  • Jacques Veneruso
  • Le Dion nouveau est arrivé !

    Au fil de la parution de ses albums anglophones, on a l'impression d'écouter le nouvel opus de la Québécoise comme l'on goûte au Beaujolais nouveau : l'événement est aussi impeccablement produit que marketté, il n'est pas désagréable à l'oreille mais ne surprend pas (plus ?), et ne laisse finalement qu'un petit goût fade, monotone et très vite oublié… Dans les magasins de musique, aux Etats-Unis, Céline Dion est classée dans la catégorie "easy listening", littéralement "facile à écouter". Et c'est la définition parfaite de cet album qui, malgré plusieurs passages sur la platine, rappelle ces musiques que l'on entend sans écouter, dans les ascenseurs, les restaurants, ou à la maison en faisant le ménage, tant les chansons qui se succèdent se ressemblent et semblent déjà entendues.


    Pourtant, A new day has come est un album riche de dix-sept chansons, entre ballades et up-tempo. Douze titres sont des originaux, les cinq autres étant un remix (A new day has come, soit deux versions de la chanson sur le même cd), et quatre reprises, deux de classiques américains (At last et Nature Boy), et deux de tubes français, A great reward (version anglaise de l'Envie d'aimer, tiré du spectacle musical Les dix commandements), et Ten days, version anglaise du Tomber de Gérald de Palmas. Ces deux dernières reprises sont d'ailleurs plutôt réussies, même si les nouvelles paroles n'ont plus grand chose à voir avec celles écrites à l'origine par Lionel Florence, Patrice Guirao et Maxime le Forestier. Néanmoins, leur intérêt n'est pas vraiment évident, sinon peut-être celui de séduire le public français qui avait plébiscité ces mélodies en version française.


    Parmi les titres originaux, remarquons le tempo très tendance de Rain, tax (it's inevitable) : après Withney Houston et Mariah Carey, voici donc la troisième diva nord-américaine cédant elle aussi à la mode de l'incontournable two-steps. Dans le même genre, Sorry for love devrait également connaître un certain succès sur les pistes des night-clubs, tout comme Super love et When the wrong one loves you right.


    Comme toujours dans les albums anglophones de Céline, l'amour est le thème de prédilection de ses auteurs. Seul Prayer se distingue, la prière étant faite aux enfants, sujet favori de Céline depuis la naissance de son fils en janvier 2001. A tel point qu'après nous avoir tenu au courant de la moindre de ses contractions au cours de sa grossesse, la jeune maman nous offre dans le livret du cd de larges extraits de son album de famille, dont on se demande bien ce qu'ils viennent faire là !


    Toujours est-il que la maternité n'a pas altéré la voix de la petite fille de Charlemagne. La technique est là, toujours parfaite et toujours efficace, mise en valeur dans les nombreuses ballades de l'album, avec une mention spéciale pour Nature boy, dernière chanson de l'album et pourtant la première à provoquer quelques frissons… Céline chante bien, très bien même, mais il ne suffit pas d'avoir une technique parfaite pour faire passer des émotions musicales… En anglais en tous cas, cela semble de plus en plus difficile. Espérons donc que son nouvel album en français, prévu pour le début de l'année prochaine et sur lequel travaillent en ce moment Jean-Jacques Goldman, Gérald de Palmas, Luc Plamondon et Eddy Marnay marquera un retour aux sources de l'émotion musicale, et que les textes, très secondaires en anglais, rendront un peu de profondeur à la voix de l'artiste.

    Chrystèle MOLLON / Mai 2001
    Photo © X./Columbia

    Celine DION
    A new day has come