Pour les plus de 25 ans, le nom de Noah évoque encore bien souvent celui du vainqueur du tournoi de Roland Garros en 1983, ou encore celui qui a mené les équipes de France masculines et féminines vers la victoire en coupe Davis dans les années 90. Mais l'ex-champion a aujourd'hui délaissé les cours de tennis pour monter sur scène, puisqu'il est aujourd'hui devenu chanteur. Ou plutôt redevenu, puisque la musique, il l'a dans le sang depuis toujours, et il le prouve au cours de cette tournée qui faisait étape, au début du mois, dans la mythique salle de l'Olympia, à Paris. InfosMusic.net y était et vous raconte.

La salle est pleine, ce 2 juillet, pour le second rendez-vous de Yannick Noah avec l'Olympia. Après une première partie un peu décalée avec le gospel du groupe américain Church Street, la température monte très vite dès les premières notes de Jamafrica. C'est en effet avec ce titre que Yannick entame son spectacle, donnant immédiatement le ton et le rythme qui tiendront la salle en haleine pendant plus de deux heures.


Simplicité et efficacité

La tenue ? Pieds nus bien sûr, sans doute pour mieux sentir la musique, ongles d'orteils artistiquement peints, bijoux colorés, pantalon blanc et chemise jaune, bien vite remplacée par une noire et rouge, pour cause d'inondation corporelle !… Le décor ? Très simple, mais efficace : une grande toile blanche tendue en arc de cercle, et devant, les cinq musiciens du Zam Zam Band (percussions, batterie, claviers, basse, guitare), deux choristes et le chanteur. Mais surtout de magnifiques jeux d'ombres et de lumières, avec dès le début, un Noah géant dansant en ombre chinoise sur les premières notes de son hymne au reggae africano-jamaïcain. Quelques titres plus tard, ce seront les Lionnes de sa chanson qui se dessineront derrière ce voile magique.


Fête de famille

Les titres du dernier album s'enchaînent, Noah se déchaîne ! Si sa seule voix peine quelque peu à assourdir l'Olympia, la musique et la façon impressionnante dont il la vit font vite oublier ce petit détail, et pas un instant la salle ne cesse de danser et de reprendre en chœur les refrains de l'artiste. Qui n'oublie pas au passage de communiquer avec sa "famille", c'est-à-dire son public : il est question du Cameroun, bien sûr, mais aussi de danse, de fête, d'enfants, bref, tout ce qui fait aujourd'hui l'univers de Yannick. Ce soir, avec sa tribu donc, pas question de jouer l'artiste, inaccessible, face aux spectateurs. Quand ces derniers ne montent pas sur scène (une spectatrice, fort chanceuse, est invitée à danser un slow langoureux, Entre ta peau et la mienne, avec l'ex-tennisman), c'est Yannick qui descend les voir, n'hésitant pas à venir à plusieurs reprise dans cette fosse de sécurité -qui, on le sent bien, ne fait pas partie de sa conception de partage de la musique-, pour serrer des mains, passer une main affectueuse dans les cheveux d'un tout jeune fan, et faire chanter toujours et encore.

Une jolie reprise de Bob Marley, quelques tubes des précédents albums, Saga Africa en tête, une (trop courte) séquence de danse endiablée, et la fin du spectacle approche déjà. Le papa appelle alors ses trois filles sur scène, ainsi que les autres Zam Zam kids, et tous se lancent dans une Voix des sages de folie, suivie d'un dernier titre qui se termine… au beau milieu du public, dans la salle, l'artiste estimant sans doute qu'il n'y avait finalement pas meilleur endroit pour jouer et frapper sur des djembés. Malgré les sueurs froides du personnel de sécurité, tout se passe bien, les spectateurs ne doutant pas eux non plus de la "normalité" de la situation, et se contentant de chanter et de taper de plus belle dans leurs mains… Après un petit tour de salle, de l'orchestre au balcon, au milieu de la foule ravie, Noah revient pour un ultime au revoir sur la scène, donnant rendez-vous à tous… le 21 novembre 2001 au Zénith.

Chrystèle MOLLON / Juillet 2001
Photo © Claude GASSIAN/Columbia

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