DOSSIERS
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  • Cinquième album solo de Jean-Louis Aubert, Comme un accord marque la réconciliation de l'artiste avec ses origines, sa culture rock, sa vraie nature.


    Il devrait également réconcilier ses plus anciens fans, quelque peu perdus depuis la sortie en 1997 de l'opus précédent, Stockholm, aux consonances électro et hip-hop déroutantes, et les nouveaux venus dans l'univers de l'ex-leader de Telephone.


    C'est peut-être d'ailleurs justement à cause de l'escapade suédoise que Comme un accord apparaît tant comme un retour aux sources. On y retrouve en effet de vrais rocks propres et efficaces (Commun accord - futur tube en puissance, Changé d'avis), de belles ballades (Là, Alter ego, Ces petits riens), des mélodies accrocheuses (Alter ego, Milliers, millions, milliards, Cette vie). Plus surprenante, cette petite incursion du côté des rythmes cubains, avec Alta Gracia, guidée peut-être par Renaud Létang, l'un des co-producteurs de l'album, connu pour ses précédentes collaborations avec Alain Souchon, mais aussi avec Manu Chao. Un titre auquel on ne s'attendait pas, donc, mais qui s'insère finalement plutôt bien dans l'univers de Jean-Louis Aubert.


    A 46 ans, ce jeune grand-père (c'est sa petite fille de 3 ans qui lui tend la main dans Donne-moi une raison) revient à l'essentiel, comme le dit d'ailleurs l'une des chansons. Et l'essentiel, c'est l'amour. Thème central de Comme un accord, l'amour est "traditionnel" (Donne-moi une raison) ou plus universel dans L'essentiel, Alter ego, dédié semble-t-il à un ami proche, ou encore Milliers, millions, milliards.


    A l'image de la photo (signée Jean-Baptiste Mondino) de la pochette, Jean-Louis Aubert nous offre là un album sincère, voire un Voyage[r] en [lui]-même. Visuellement, l'artiste se montre debout, de face, les mains ouvertes, et musicalement, c'est effectivement un peu de son être que le chanteur dévoile, tant Comme un accord sonne comme une œuvre intimiste, simple sans être simpliste, et fidèle à l'auteur compositeur.


    En abandonnant pour la première fois l'exclusivité de la production, il semble s'être libéré : "Je ne dirige plus, reconnaît-il, dorénavant je digère". Cette libération, cette émancipation est même allée jusqu'à la séparation (artistique et sans doute temporaire) d'avec Richard Kolinka, ex de Telephone lui aussi, remplacé à la batterie par le frère de Patrick Bruel, Fabrice Moreau, qui co-produit également l'album : "Richard m'a dit qu'il fallait que je m'exprime, que je m'allège, raconte-t-il. Sans son acquiescement, je n'aurais jamais pu continuer."


    Même si, à moins d'être un inconditionnel d'Aubert, plusieurs écoutes ne sont pas de trop pour réellement apprivoiser Comme un accord, il est si sympathique, si émotif qu'on lui pardonne bien volontiers ses quelques défauts -des paroles quelquefois naïves, une voix par moments limitée- pour ne retenir que l'essentiel : une fraîcheur enfantine qui fait du bien, et qui transmet une vrai envie d'accompagner l'artiste dans ses vagabondages, et pourquoi pas jusqu'à la scène.

    Chrystèle MOLLON / Décembre 2001
    Photo © Jean-Baptiste Mondino/Virgin

    Jean-Louis AUBERT
    Comme un accord

  • Commun accord
  • L'essentiel
  • Changer d'avis
  • Alter Ego
  • Alta gracia
  • L'amour
  • Donne-moi une raison
  • Cette vie
  • Voyager en soi-même
  • Milliers, millions, milliards
  • Les petits riens