Elle devait être l'une des invitées de ce concert "Autour du blues" organisé lundi 11 juin à Paris, à l'initiative de Denys Lable et Michaël Jones. Le spectacle a donc été dédié à Carole Fredericks, décédée quelques jours plus tôt à l'issue d'un concert à Dakar (Sénégal), et l'éclat de son sourire a brillé toute la soirée sur le Club Med World.


La chanteuse américaine aimait le blues, et pour lui rendre hommage, tous les meilleurs bluesmen français étaient réunis autour de Michaël Jones et Manu Galvin, pour une soirée haute en guitares folks, acoustiques et électriques.


Pour commencer la soirée, Luc Bertin s'est lancé dans une Black night accompagné de Denys Lable et Claude Engel (anciens complices de France Gall), et de Manu Galvin.


C'est ensuite à une succession des plus grands standards du blues à laquelle assistèrent les spectateurs, brillamment interprétés par ces fabuleux guitaristes, de Cocaïne à Hesitation blues, en passant par Polochon blues, de Richard Gotainer, Le sud, de Nino Ferrer, et Saint James infirmery, par Patrick Verbecke, Chris Lancry, Basile Leroux, Gérard Bikialo ou Michel Haumont.


Quelques "guest stars" les rejoignirent, tels Francis Cabrel sur Crossroads, Jean-Jacques Goldman sur Rolling and Tumbling, les deux hommes s'unissant même pour un duo très apprécié sur Sarbacane. A noter également la présence surprise de Paul Personne, dont la guitare semble toujours être un simple prolongement de ses phalanges…


Michael Jones et Jean-Jacques Goldman ont dû beaucoup penser à leur amie disparue au moment de chanter Dust my blues, qui faisaient partie des standards blues/folks qu'ils aimaient interpréter en trio…


Saluons aussi la présence de choristes de luxe et de charme, à savoir Zazie, Lââm et Nathalie Cardone, d'abord sagement installées dans la salle, mais qui n'ont pu résister au plaisir de monter sur scène


La jeune Eva leur a dignement succédé en interprétant un charmant Cailloux de Cayenne, avant que la soirée ne s'achève sur un impressionnant Sweet home Chicago, qui laissa à chaque musicien la possibilité de dévoiler encore un peu plus de son talent lors de solos qui firent de cette version l'une des plus longues sans doute jamais interprétées sur scène ! Version que l'on devrait retrouver avec le reste du concert sur un cd à paraître à la rentrée.

Et du haut des étoiles, Carole devait sûrement gratifier les anges qu'elle aimait tant de ses éclats de rire qui nous manquent déjà ici bas…

Chrystèle MOLLON / Juin 2001